Voulez-vous vraiment que le monde devienne ainsi ? Laissez-les remplacer les profs et ils nous remplaceront ensuite !!!

Contrat interrompu (nouvelle)

  Il avait décidé qu’il arrêterait d’aller au collège pendant un mois et qu’à la place, il « travaillerait » sur l’ordinateur.

  Nous étions en 2018, Ronald avait 14 ans. Nos parents disaient de lui qu’il était un « no-life », il passait des heures sur cet ordinateur. Maman voulait qu’il se rende compte de la gravité des choses : « des gens meurent en restant sans arrêt devant un écran ». Elle lui répétait tout le temps la même chose. Elle décida quand même de le laisser faire son expérience pour voir si l’ordinateur serait aussi bon qu’un professeur ; elle voulait lui faire la leçon quand il n’en pourrait plus.

  Tous les matins, son réveil sonnait. D’habitude, il se levait en ronchonnant et venait dans ma chambre avec l’intention de me réveiller en me faisant peur ; mais pas ce jour là, pour lui c’était comme une nouvelle vie qui commençait. Je descendis les escaliers en béquilles à sa suite et m’assis dans mon fauteuil roulant. Je pris mon petit déjeuner en sa compagnie. En moins de quatre minutes, il avait déjà tout englouti. Je le vis filer dans la salle de bain et il en ressortit à peine cinq minutes plus tard. Habituellement, il passait au moins dix bonnes minutes sous la douche. Avait-il enfin mûri ? En l’espace d’un jour ! Je ne comprenais plus rien. Il se dirigea ensuite vers l’ordinateur ; j’avais oublié, c’était sa « nouvelle vie ».                                                                         

 A huit heure cinq, mon professeur arriva. – Je prends mes cours à la maison, je suis en fauteuil roulant-. Ronald, au lieu de faire des jeux - pour une fois – faisait ses exercices. Il avait beaucoup de mal, à chaque questions, il critiquait le programme, il comprenait encore moins qu’avec un professeur. Il nous écoutait parler, Mme Nouel et moi et assimilait ensuite l’exercice à concevoir, car nous faisions exprès de parler d’un sujet qui se rapportait à son exercice.

  Chaque jour c’était la même chose, mais je voyais bien qu’il s’épuisait. Je disais à maman de le faire arrêter et de lui faire reprendre ses cours normaux, mais elle voulait qu’il comprenne la leçon.

  Une semaine avant la fin du contrat, Ronald fixait encore et encore l’écran, la main sur la souris. Maman arriva et le prit par les épaules pour lui demander s’il avait enfin compris la leçon qu’il devait tirer. Mais elle ne l’entendit pas répondre, non, il ne répondait pas, elle tourna donc le siège vers elle, son cœur avait lâché, elle commença à pleurer, je tournai de l’œil. Il n’était plus. Il s’était éteint !!!

 Lucie R.

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